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Après le passage dévastateur du Tsunami sur la région du Kerala, l’ARRED  s’est employée, à travers le projet appelé communément « Punarjani » ce qui veut dire régénération en sanscrit, a participer activement au développement local de la région, et plus particulièrement celui du village côtier d’Arratupuzha.  Le projet s’est conduit en deux phases. La première s’est déroulée de 2005 à 2011, et consistait en plusieurs actions de développement : assainissement environnemental, accès à l’eau potable, traitement des déchets et préservation des ressources en eau constituées par des canaux et des bassins (Pounds) pollués.

Encouragé par le succès de cette première phase, le projet a continué pour encore deux années. Les domaines d’intervention du projet entre 2012 et 2013 sont restés les mêmes : l’accès à l’eau, l’assainissement, le développement économique et en particulier le développement touristique.

PROJETS EN EAU POTABLE

Après le passage du tsunami, beaucoup de puits (entre 3 et 7 mètres de profondeur), utilisés comme source d’eau potable, sont devenu soit salés, soit inexploitables car remplis de sable. Ces puits ont donc été nettoyés, les murs protégés avec des cercles en béton et l’accès aux plateformes aménagé.

De plus avec l’accord des populations lors de journées de concertation organisées avec l’appui d’ONg locales, des systèmes de récupération d’eau de pluie ont été installés sur les maisons reconstruites. L’eau étant traitée par des filtres individuels sable et charbon actif. De plus, une trentaine de bassins, auparavant utilisés pour le lavage et le bain par plusieurs familles, ont été réhabilités.

Au Kerala existe tout un réseau de canaux utilisés aussi bien pour la navigation que pour la pêche. Avant le tsunami, par négligence, beaucoup de ces canaux servaient de poubelles pour les gens qui y vivaient à proximité, qui jetaient des déchets directement dans l’eau. Au fur et à mesure, ces canaux sont devenus des fosses d’aisance. Après le tsunami, 20 km de ces canaux ont été nettoyés avec l’aide des populations. Areed a développé en parallèle un projet d’assainissement afin de traiter les eaux noires qui se rejetaient dans ces canaux. Du coup, l’augmentation de la teneur en oxygène de l’eau dans les canaux a fortement contribué à l’amélioration de la biodiversité du milieu aquatique de ces canaux. Cette même eau servant désormais à alimenter les bassins de pisciculture et certains puits servant aux usages domestiques, et ces canaux sont redevenus praticables. Entre 2012 et 2013, un système de contrôle de la qualité d’eau a été introduit, car la détérioration de la qualité d’eau était alors un des problèmes majeurs de la zone.

La coordination et le suivi de la qualité de l’eau dans les bassins et les canaux ont été assurés par la communauté Snehatheeram. (Associations dont la majorité des membres sont des enfants.)

Le contrôle de ces corps d’eau s’est fait régulièrement et les premiers résultats indiquaient une nette amélioration ainsi que la disparition des larves de moustiques

PROGRAMME ENVIRONNEMENTAL, SOURCE DE REVENUS

Une des mesures les plus importantes du projet était d’introduire des programmes favorisant des activités génératrices de revenus.

Après le Tsunami la plupart des activités de pêche se sont trouvé limitées à cause du peu d’accès à la mer, engendré par la construction de digues le long de la côte.

Plusieurs actions ont été menées en ce sens. Dans un premier temps, la gestion des déchets solides. Les déchets sont source de pollution des canaux, ils ont été triés puis recyclés en particulier la matière organique est traitée par lombriculture pour réaliser un compost utilisé dans les cultures maraichères.

Par la suite, et afin de renforcer les activités communautaires et d’assurer la qualité d’eau et d’en maintenir sa propreté, l’élevage de poissons a été introduit dans les sources d’eau salée, dans des lacs et des lagunes abandonnés. Les poissons sont conciliables avec l’environnement dans lequel ils ont été introduits. Les bénéfices ainsi obtenus sont partagés à parts égales par la population locale. Et enfin, la réhabilitation de l’industrie de coco .L’industrie traditionnelle de coco est une des principales sources de revenus pour la population locale. Pourtant, cette industrie représente un des enjeux écologiques majeurs de par la pollution de l’eau provoquée par le lavage des cosses de noix de coco.  L’impact de la pollution est tel qu’elle représente un danger non seulement pour la santé de l’homme, mais aussi pour les milieux aquatiques. Un autre grand problème est d’ordre économique ; les travailleurs de la coco et les tisserands, exploités par des marchands puissants sont la plupart du temps très mal payés et peinent à subvenir à leurs besoins.

Dans le cadre du projet, la cellule de recherche de coco d’Alappuzha a développé des technologies économiquement éprouvées qui non seulement permettent d’améliorer la qualité de production et son rendement, mais aussi de prévenir la pollution de l’environnement. De plus, la cellule de recherche a donné des formations gratuites aux entrepreneurs en technique d’artisanat et en marketing.

Ainsi, les femmes ont commencé à fabriquer des bijoux à partir de la fibre du coco traitée et grâce à ce projet elles ont pu la valoriser. En effet la fibre s’est trouvée plus assouplie et peut être façonnée pour la confection de bijoux par exemple ou de nattes. Une industrie de géotextile à base de fibre de coco a vu le jour afin en particulier de consolider les berges des canaux réhabilités.

ASSAINISSEMENT ENVIRONNEMENTAL

Dans le cadre d’actions d’assainissement, 300 toilettes ont été construites, de même que 5 unités de biogaz pour les ménages et des fosses septiques pour les «eaux grises». En outre, des sachets destinés aux déchets inorganiques ont été distribués à chaque ménage. Ces déchets ont pu ensuite être collectés à intervalles réguliers par la commune.

TOURISME ÉCOLOGIQUE

L’écotourisme géré par les collectivités locales est non seulement une source importante de revenus, mais aussi un moyen efficace pour favoriser la conservation de l’environnement, la culture et les traditions de la région. Dans cette perspective, les touristes ne sont pas de simples clients mais bien des participants  (conscients ou inconscients) dans le processus de développement. Tous les profits ainsi réalisés sont utilisés par la suite pour le développement commun d’activités du village.

En ce sens, des logdes écologiques ont été construites, et tout un groupe des personnes constitués par des guides, femmes de ménages, traiteurs, gestionnaires, conducteurs de voiture et de bateau, commerçants, a été identifié, choisi et engagé pour gérer le projet.

Aujourd’hui se développe grâce à l’action des associations de femmes, un tourisme communautaire qui se greffe autour du projet environnemental mené par AREED et ses partenaires depuis 6 ans. C’est un enjeu majeur pour ces populations et cela a été bien compris par les autorités du gouvernement du Kerala qui prend désormais ce projet Punarjani et référence pour le développer vers d’autres secteurs de la province.

Joanna Bolognini

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