BAAN UNRAK

Depuis dix ans déjà, la sécheresse en Thaïlande va grandissante, tout comme la diminution de la quantité d’eau disponible. Elle est accompagnée par des inondations et la destruction des forêts. Plus de 60% des ruraux thaïlandais sont encore privés d’eau potable, en particulier dans le Nord du pays. Le manque d’eau augmente l’insécurité alimentaire car les agriculteurs doivent dorénavant attendre la saison des pluies.

Le village de Baan Unrak, où nous avons mené le projet, a été fondé par une jeune italienne Donata Dolci qui y a créé un centre d’accueil pour les femmes maltraitées, mères célibataires et leurs enfants. Le centre leur propose un toit, à manger, une formation au tissage ou à la couture et un emploi. On y trouve également une école primaire. Le village se veut autonome et fonctionne selon le principe d’une gestion non politique, non-religieuse, et non-gouvernementale.

Le village est situé dans une région économiquement difficile et dangereuse où prédominent la violence et le trafic d’êtres humains. Situé près de la frontière Birmane/Myanmar, régi par une junte militaire depuis plus de 50 ans et où 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté (moins de 1$/jour). Un important afflux de réfugiés Birmans n’ayant aucun droit, et souvent exploités, se constate sur le terrain.

En période de saison sèche, l’eau devient un grave problème pour toute la région en raison du manque d’eau dans le lac de Sangklaburi, principale source en eau, malgré que la qualité aqueuse soit relativement mauvaise. En 2012, le barrage a subit des problèmes techniques et très peu d’eau était déversée dans le lac, ce qui bien évidemment impactait négativement les populations de Sangklaburi.

Les objectifs principaux du projet étaient d’abord de favoriser l’autonomie en eau du village et d’améliorer la qualité pour ses différents usages quelque soit la période de l’année.

Afin d’augmenter la ressource en eau potable propre à la consommation et de la stoker dans de bonnes conditions, un forage et un réservoir de 20 m3 ont été réalisés. Le forage a été creusé à proximité de la source traversant le village. Il a été équipé de pompe solaire pour l’acheminement de l’eau vers les réservoirs.

Pour des autres usages en eau, nous avons créé un système de récupération d’eau de pluie.

Enfin, afin de compléter le dispositif installé pour l’alimentation en eau potable, nous avons mis en place un système de traitement de l’eau de pluie, dit un REEPS, terminé fin octobre 2013 et opérationnel à la fin de la saison des pluies en 2014.